SINE-ZONE

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REPRENONS

Maurice Albert Sinet dit Siné, est né le 30 décembre1928 à Paris. On connaît le jour de sa conception. Dans son épicerie buvette, Fabienne dite « Fafa », sa mère, fête son anniversaire. Elle se laisse conter fleurette par un client aux allures de Jean Gabin. Quand l’enfant naît, neuf mois plus tard, de dépit, sa mère dit au médecin de choisir lui-même le prénom de l’enfant. Il s’appellera Maurice comme lui. Finalement « Fafa » lui donnera comme petit nom : Bob.

sine_epicerie_bigElle divorce de Sinet pour épouser Versy, le Gabin de son épicerie, le père de Siné.

L’homme, ferronnier d’art, un dur à cuire que le petit Bobby ira récupérer dans les bistrots est le héros de son enfance. Il jure avoir tué plus d’officiers français que de soldats allemands à la guerre de 14/18. Bob fait semblant de croire ce paternel qu’il adore. Il est fier de cet homme tatoué qui devient ivre de rage à la vue d’un képi. Bob Siné restera à tout jamais fidèle à son père, à ses origines prolétariennes, au camp des opprimés.

Bob passe son enfance entre Belleville et Barbès. Ses premiers émois sexuels datent de l’exode. Il a 12 ans. Le cul entre dans sa vie et restera, avec la musique et la politique, l’une de ses grandes passions.

Il entre à l’Ecole Estienne en 1942, il a 14 ans. L’élève met ses talents à fabriquer de faux tickets de ravitaillement sur les conseils de ses professeurs. (Il fabriquera ainsi de faux papiers pendant la guerre d’Algérie).

À sa sortie de l’école, il gagne sa vie en ôtant les poils de photos cochonnes.

Il fait du cabaret et participe un temps au groupe  Les garçons de la rue.

L’armée, il la passe en cellule. À son retour du service militaire, déjà père de famille, il doit gagner sa vie. Il admire trop les musiciens pour en faire son métier.

Il découvre les dessins de Steinberg. Il s’entraîne, copie et recopie. Petit à petit, il trouve son style. Ses personnages lui ressemblent un peu.sine_identite_big

Son premier dessin publié et payé date de 1950, dans France Dimanche.

En 1955, il obtient le Grand Prix de l’Humour noir pour son recueil Complaintes sans Paroles. Préfacé par Marcel Aymé.

C’est sa série de dessins sur les chats qui le lance définitivement, il entre alors à L’Express comme dessinateur politique.

Anti-colonialiste, pendant la guerre d’Algérie, il suscitera souvent la polémique. Il remplacera brièvement François Mauriac au « bloc-notes » du journal lorsque ce dernier devra s’absenter pour raison de santé. Ce « débloque-notes » vaudra à L’Express de nombreuses lettres indignées de ses lecteurs et obligera Jean-Jacques Servan-Schreiber à publier une lettre d’excuses en première page du journal.

Il quitte L’Express en 1962 pour créer son propre journal Siné Massacre où il exprime sans retenue son anti-colonialisme, son anti-capitalisme, son anti-cléricalisme et son anarchisme.

Auteur de quelque trente recueils, d’affiches de cinéma – (par exemple America, America d’Elia Kazan), de décors de théâtre (Ionesco, entre autres), de cartes postales,  de dessins animés publicitaires. Il illustre Arnaud, Vian, Sternberg, Roland, Jarry, Alphonse Allais, Hippocrate aussi bien que Le Code pénal et dessine un jeu de cartes. Après Siné Massacre en 1962, il fonde L’Enragé en mai 1968. Participe à Hara-Kiri. De 1981 à 1987, il est l’un des caricaturistes de l’émission télévisée Droit  de Réponse. Puis il rejoint l’équipe de Charlie Hebdo où « il sème sa zone » pendant quinze ans. Grand amateur de jazz, il a illustré de nombreux livres sur le jazz, ainsi que des pochettes de disques.

 

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Il crée Siné Hebdo avec sa femme le 10 septembre 2008 et s’apprête à fêter ses 81 ans.

 

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